Perspectives réglementaires et innovations à l’horizon fin 2025 – 2026
1/ Renforcement de la formation des médecins
Un Diplôme Inter-Universitaire (DIU) en médecine esthétique a été ouvert en 2024 dans les facultés de Bordeaux, Créteil et Marseille. Progressivement, il tend à devenir la
voie officielle pour exercer la médecine esthétique. La formation dure deux ans, avec environ 60 places par an, ce qui instaure un véritable filtre qualitatif. Une Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) est également en place pour permettre aux médecins déjà installés de faire reconnaître leurs compétences.
2/ Encadrement des reconversions professionnelles
À partir de 2026, il est envisagé que toute reconversion vers la médecine esthétique soit soumise à une
autorisation préalable, validée à la fois par l’Agence Régionale de Santé et par le Conseil de l’Ordre. Cette mesure limiterait les reconversions rapides et mal encadrées qui fragilisent la sécurité des patients.
3/ Clarification du cadre juridique
Un nouveau cadre législatif est en préparation afin de mieux définir les qualifications requises et les périmètres d’intervention. Cette évolution vise à
stabiliser le secteur, encore marqué par des zones de flou juridique exploitées par les pratiques illégales.
4/ Guide méthodologique et bonnes pratiques
En 2025, un guide national de gestion des risques liés aux actes esthétiques non chirurgicaux est publié pour harmoniser les pratiques et renforcer la sécurité des soins. Ce document servira de référence pour les médecins, et devrait être appliqué largement dès la fin de l’année.
5/ Interdiction de certaines techniques
Certaines pratiques jugées dangereuses, comme l’injection de plasma riche en plaquettes à visée esthétique (le “vampire lift”), sont désormais
formellement interdites. D’autres interdictions ciblées pourraient suivre, dans un souci de protection accrue des patients.
Le marché mondial de la médecine esthétique connaît une croissance soutenue, avec une augmentation annuelle de plus de 7 % à partir de 2025. Les injections représentent déjà près de la moitié du secteur. Cette expansion alimente une forte demande mais accentue aussi la nécessité d’un contrôle strict, afin que l’essor de la discipline reste encadré et sécurisé.
La fin 2025 et l’année 2026 marqueront un
tournant dans la régulation de la médecine esthétique. Entre la mise en place du DIU, le renforcement des contrôles, l’encadrement des reconversions et l’interdiction de certaines pratiques, l’avenir s’oriente vers une profession
plus structurée, qualifiée et transparente. L’objectif est double : accompagner la croissance du marché tout en garantissant la sécurité des patients.